Le drame

 

J'ai assisté à une scène émouvante hier samedi dixième jour du ramadan entamé, dans mon café habituel Chaara. Un fait anodin qui avait pris en moi une proportion alarmante.

       Les trois tables de jeu étalé sur toute la surface du trottoir où les cris et les engueulades fusaient entre les joueurs, chacun pensait qu'il jouait mieux que son coéquipier.
De temps a autre un son sortait du brouhaha pour faire entendre tous les présents de sa meilleure version de l'action (construite pour reprendre le mot d'un de mes amis joueur)  que la responsabilité de la faute revenait à son partenaire.

   Ce petit manège journalier et sans importance s'était arrêté de façon spontanée. Un mouvement presque symphonique s'était mis à jouer les meilleurs moments de la vie, celui de faire un don sans regarder le quémandeur  ni attendre quoi que soit en retour, le manège reprenait timidement, toute l'ardeur des jeux était remise à zéro.

   Il s'agissait en fait d'une famille apparue au bout de la rue qui semblait en apparence normal. Oui ! Elle était normale composée d'un couple avec quatre enfants de bas âge, elle s'était ébranlée avec une allure de grande classe, un air de fierté pensais-je, démarche athlétique avec une aisance d'un résident en mal d'air de Tamgout je n'omettrais pas de passer sur la beauté dans l'innocence des petits, deux garçons et deux filles.

 J’étais étonné (parce que je suis amnésique, nos ancêtres étaient très charitables) de la mise des mains dans leurs poches de presque tous les présents  pour mettre du baume dans le cœur de cette famille de réfugier, une somme billets de différentes valeurs. Les gens de notre contrée savent quand il faut faire le geste, il ne recule jamais devant un   événement malheureux, soit-elles des personnes étrangères à leur région.
 

  Ma vision joyeuse de cette famille se transforma vite au cauchemar.

Ils étaient tous mal vêtue, leurs visages dégageaient une frustration criante dans une pudeur mal cachée, une fierté brisée, une image d'une vie accablée.

  Ce qui porta mon désarroi au summum, c'était des Syriens, produit du printemps Arabe et que la majorité des habitants de ce pays subissait le même sort, mort, blessés ou réfugier dans d’autres pays.

  Que Dieu préserve mon pays et mon peuple de cette auto-destruction.